Où sont passées les foules du Président ?

Les rideaux sont tombés sur la supercherie référendaire du 05 aout 2017. C’est l’heure du bilan de l’avant, du pendant, et de l’après scrutin. D’abord que dire de la campagne référendaire qui aura coûté tant de milliards d’um tirés du trésor public. En plus de ce que les « barons » du pouvoir ont puisé des caisses de l’Etat sous le sceau de l’immunité des « services rendus » au président. Et ces millions que la primature a puisés à fond dans des comptes « réservés ». Tout cet argent dont il était « interdit » d’approcher le doigt ! La campagne a son prix quitte à s’offrir les privilèges d’ouvrir les coffres de l’Etat pour gagner un scrutin sans enjeux démocratiques pour le pays. C’est avec ce trésor de guerre que les soutiens du président ont engagé une campagne à Nouakchott et dans tout le pays pour démontrer leur capacité à gagner l’adhésion des masses populaires de cette Mauritanie chérie des laudateurs pendant les grandes cavalcades politiques. Le jeu a été fait avec tout le cérémonial qu’il fallait. La vedette de ce cirque a sillonné en avion tout le pays en quelques battements d’ailes . Des foules ont rempli les grands espaces pour entendre les mêmes discours explosifs d’un homme qui s’est inventé son "arsenal nucléaire" contre ses adversaires visibles ou non. Et si tout ce monde avait voté ? pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Si et seulement si les foules du dernier show de Nouakchott avaient placé leurs bulletins dans les urnes, la capitale allait rafler plus de 80% des suffrages. Aujourd’hui chacun se demande où sont passées ces termitières humaines qui avaient envahi le grand espace de l’ancien aéroport ? Ce samedi 05 aout 2017, les électeurs ont –il fait fausse route à celui qui haranguait les foules ? C’est le cas de le dire dès lors que les urnes ont parlé, en attendant la chirurgie finale. Avec un taux de participation aussi faible la victoire n’aura pas été belle. Du moins, dans la capitale où elle s’apparente à une défaite cuisante. Gagner est une chose. Mais force est de reconnaitre que les électeurs de Nouakchott n’ont pas voté nombreux ce référendum. Le Président est au courant de tout. Son parti a essuyé un sérieux revers avec un désaveu sans appel. L’UPR a démontré qu’il est incapable de mobiliser les électeurs même avec l’agent qui se distribuait devant les bureaux. Les uns et les autres se rejetaient les responsabilités de ce fiasco. Le chef du gouvernement a reconnu la timidité du vote en déclarant que les gens sont en vacances scolaires. Le président peut faire son témoignage dans son bureau de vote. Même par simulation ce point de repère pouvait grouiller de présence. L’UPR a raté son coach encore.
Le débat n’est pas de parier sur la victoire du OUI. Mais de s’interroger sur les enjeux du scrutin et sur les leçons à tirer pour l’avenir de la démocratie dans ce pays.