{"id":13551,"date":"2026-09-28T13:51:33","date_gmt":"2026-09-28T13:51:33","guid":{"rendered":"https:\/\/le-renovateur.net\/?p=13551"},"modified":"2026-09-28T17:05:14","modified_gmt":"2026-09-28T17:05:14","slug":"nouachott-sous-les-eaux-a-ciel-ouvert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/le-renovateur.net\/?p=13551","title":{"rendered":"Nouachott sous les eaux , \u00e0 ciel ouvert !"},"content":{"rendered":"\n<p>il aura suffi de quelques heures de pluie pour replonger Nouakchott dans ses vieux d\u00e9mons : routes transform\u00e9es en mares, quartiers difficiles d\u2019acc\u00e8s, v\u00e9hicules immobilis\u00e9s et habitants contraints de composer avec une eau qui, faute de voies d\u2019\u00e9vacuation suffisantes, cherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment son chemin.La capitale a une nouvelle fois pris des allures de ville sinistr\u00e9e. Dans plusieurs quartiers, la pluie avait cess\u00e9 depuis longtemps que ses effets, eux, continuaient de se faire sentir. Les eaux stagnent, les d\u00e9placements deviennent p\u00e9rilleux et les \u00e9quipes d\u2019intervention s\u2019activent pour tenter de lib\u00e9rer les principaux axes.Au milieu de cette d\u00e9solation, la visite du Premier ministre dans les zones touch\u00e9es est venue rappeler l\u2019urgence de la situation. Sur le terrain, il a pu constater l\u2019ampleur des difficult\u00e9s et suivre les op\u00e9rations engag\u00e9es pour \u00e9vacuer les eaux.Mais derri\u00e8re l\u2019urgence, une vieille question ressurgit avec une r\u00e9gularit\u00e9 presque m\u00e9canique : comment une capitale peut-elle encore \u00eatre paralys\u00e9e par des pluies qui ne devraient pas, \u00e0 elles seules, suffire \u00e0 mettre une ville enti\u00e8re \u00e0 genoux ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une ville qui manque toujours d\u2019un v\u00e9ritable r\u00e9seau<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me n\u2019est pas la pluie. Il est dans ce qui devrait lui permettre de dispara\u00eetre.Nouakchott s\u2019est consid\u00e9rablement \u00e9tendue. Les quartiers ont pouss\u00e9, les routes se sont multipli\u00e9es, les constructions ont gagn\u00e9 les espaces autrefois laiss\u00e9s aux \u00e9coulements naturels. Mais le r\u00e9seau de drainage n\u2019a pas suivi au m\u00eame rythme.Chaque forte averse remet ainsi \u00e0 nu la m\u00eame fragilit\u00e9 : une capitale o\u00f9 l\u2019on doit encore compter largement sur les camions, les motopompes et les interventions d\u2019urgence pour faire ce que devrait accomplir un r\u00e9seau urbain de drainage correctement dimensionn\u00e9.Et pourtant, Nouakchott n\u2019est pas partie de rien.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un pr\u00e9c\u00e9dent chinois qui interroge  <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cadre de la coop\u00e9ration mauritano-chinoise, un important dispositif de drainage avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 pour capter les eaux dans les zones basses de la capitale et les \u00e9vacuer vers la mer. Le projet comprenait une trentaine de kilom\u00e8tres de canaux, des conduites sous pression et quatre stations de pompage.Achev\u00e9 et inaugur\u00e9 en 2018, ce syst\u00e8me devait apporter une r\u00e9ponse durable \u00e0 l\u2019un des probl\u00e8mes r\u00e9currents de Nouakchott : donner aux eaux pluviales un v\u00e9ritable chemin d\u2019\u00e9vacuation au lieu de les laisser s\u2019accumuler dans les quartiers.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques ann\u00e9es plus tard, la capitale continue pourtant de recourir massivement aux motopompes et aux camions pour \u00e9vacuer les eaux apr\u00e8s les fortes pluies. Et voil\u00e0 qu\u2019un nouveau projet de drainage est engag\u00e9, avec de nouveaux caniveaux et de nouvelles stations de pompage.Deux projets, deux g\u00e9n\u00e9rations d\u2019infrastructures, mais une m\u00eame vuln\u00e9rabilit\u00e9 qui ressurgit \u00e0 chaque \u00e9pisode pluvieux. La question n\u2019est donc plus seulement de construire des ouvrages. Elle est aussi de savoir comment les inscrire dans la dur\u00e9e, assurer leur entretien et construire enfin un r\u00e9seau coh\u00e9rent \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019une capitale qui ne cesse de s\u2019\u00e9tendre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un nouveau r\u00e9seau, comme si l\u2019histoire recommen\u00e7ait<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9ponse des pouvoirs publics passe d\u00e9sormais par un nouveau chantier d\u2019envergure.Un nouveau projet d\u2019assainissement de Nouakchott a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 en 2024. Il comporte un volet sp\u00e9cifiquement consacr\u00e9 au drainage des eaux pluviales, avec pr\u00e8s de 15,7 kilom\u00e8tres de caniveaux en b\u00e9ton, des conduites suppl\u00e9mentaires et cinq stations de pompage.Le chantier concerne notamment Tevragh-Zeina, Sebkha et le Ksar, ainsi que certaines parties d\u2019El Mina et de Teyarett.La question n\u2019est donc plus de savoir si les pouvoirs publics ont identifi\u00e9 le probl\u00e8me. Il l\u2019est depuis longtemps.La v\u00e9ritable interrogation porte d\u00e9sormais sur la continuit\u00e9, la maintenance et l\u2019efficacit\u00e9 des dispositifs.Car construire un r\u00e9seau est une chose. Le faire fonctionner durablement en est une autre.La ville des pompes<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s chaque \u00e9pisode pluvieux, le m\u00eame ballet recommence : les camions arrivent, les motopompes tournent, les eaux sont aspir\u00e9es, les axes sont progressivement lib\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces interventions sont indispensables. Elles \u00e9vitent que la situation ne d\u00e9g\u00e9n\u00e8re davantage et permettent aux habitants de retrouver progressivement une circulation normale.Mais elles restent une r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019urgence.Une capitale ne peut durablement organiser sa politique de gestion des eaux autour d\u2019un seul principe : il pleut, on pompe.\u00c0 terme, l\u2019eau doit avoir son propre chemin.Nouadhibou, l\u2019autre ville expos\u00e9eLa probl\u00e9matique ne s\u2019arr\u00eate d\u2019ailleurs pas aux limites de Nouakchott.\u00c0 Nouadhibou \u00e9galement, la question des ouvrages d\u2019\u00e9vacuation des eaux pluviales reste pos\u00e9e. Dans une ville o\u00f9 les voies d\u2019\u00e9coulement sont insuffisantes, une pluie soutenue peut rapidement transformer une difficult\u00e9 ponctuelle en v\u00e9ritable probl\u00e8me urbain.<\/p>\n\n\n\n<p>La moindre goutte peut alors suffire \u00e0 faire d\u00e9border le vase.Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que se trouve l\u2019un des paradoxes du pays : deux grandes agglom\u00e9rations, pourtant situ\u00e9es dans un environnement o\u00f9 les pr\u00e9cipitations sont relativement rares, peuvent se retrouver lourdement perturb\u00e9es lorsqu\u2019elles surviennent. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le vrai chantier est sous nos pieds<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La visite du Premier ministre dans les zones sinistr\u00e9es r\u00e9pond \u00e0 une n\u00e9cessit\u00e9 imm\u00e9diate. Elle t\u00e9moigne aussi de la gravit\u00e9 de la situation.Mais les images de rues noy\u00e9es devraient surtout servir de rappel : le probl\u00e8me n\u2019est plus conjoncturel.Nouakchott dispose d\u00e9j\u00e0 d\u2019une exp\u00e9rience en mati\u00e8re de drainage. Un premier syst\u00e8me a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9. Un autre est aujourd\u2019hui en d\u00e9veloppement. Entre les deux, les pluies continuent de rappeler que l\u2019infrastructure urbaine reste en retard sur l\u2019expansion de la ville.Le d\u00e9fi n\u2019est donc plus seulement de pomper l\u2019eau apr\u00e8s la pluie. Il est de faire en sorte qu\u2019elle n\u2019ait plus besoin d\u2019\u00eatre pomp\u00e9e partout.Car une ville r\u00e9ellement pr\u00e9par\u00e9e aux intemp\u00e9ries ne se mesure pas au nombre de camions mobilis\u00e9s apr\u00e8s l\u2019averse, mais \u00e0 la capacit\u00e9 de ses infrastructures \u00e0 faire dispara\u00eetre l\u2019eau avant qu\u2019elle ne devienne un probl\u00e8me.\u00c0 Nouakchott, le v\u00e9ritable chantier est peut-\u00eatre moins visible que les eaux qui envahissent les rues : il est sous nos pieds.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>il aura suffi de quelques heures de pluie pour replonger Nouakchott dans ses vieux d\u00e9mons : routes transform\u00e9es en mares,<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":13574,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[17],"tags":[],"class_list":["post-13551","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-sante"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13551","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=13551"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13551\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13553,"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13551\/revisions\/13553"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/13574"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=13551"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=13551"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=13551"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}