{"id":13661,"date":"2026-10-14T14:18:16","date_gmt":"2026-10-14T14:18:16","guid":{"rendered":"https:\/\/le-renovateur.net\/?p=13661"},"modified":"2026-10-14T20:38:58","modified_gmt":"2026-10-14T20:38:58","slug":"presidentielle-2029-la-bataille-se-dessine-a-lhorizon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/le-renovateur.net\/?p=13661","title":{"rendered":"Pr\u00e9sidentielle 2029 : la bataille se dessine \u00e0 l\u2019horizon"},"content":{"rendered":"\n<p>Entre sp\u00e9culations sur un troisi\u00e8me mandat, repositionnements au sein de la majorit\u00e9 et d\u00e9monstrations de fid\u00e9lit\u00e9, les premiers mouvements de la sc\u00e8ne politique mauritanienne nourrissent d\u00e9j\u00e0 les conjectures sur l\u2019apr\u00e8s-Ghazouani. Si l\u2019\u00e9ch\u00e9ance reste lointaine dans le calendrier \u00e9lectoral, elle se rapproche dans les calculs des acteurs politiques.Sans c\u00e9der aux facilit\u00e9s de la pr\u00e9diction journalistique, il n\u2019est pas inopportun de porter le regard vers l\u2019horizon encore incertain de la pr\u00e9sidentielle de 2029. L\u2019\u00e9ch\u00e9ance para\u00eet \u00e9loign\u00e9e sur le plan \u00e9v\u00e9nementiel, mais elle est d\u00e9j\u00e0 suffisamment proche dans le temps politique pour que les ambitions s\u2019esquissent, les alliances se recomposent et les strat\u00e9gies se mettent progressivement en place. Dans les cercles du pouvoir comme dans les rangs de l\u2019opposition, les conjectures tentent de combler les zones d\u2019ombre d\u2019une succession dont les contours restent \u00e0 d\u00e9finir.Le dernier remaniement minist\u00e9riel intervient dans un climat o\u00f9 les sp\u00e9culations sur un \u00e9ventuel troisi\u00e8me mandat de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani occupent une place grandissante dans le d\u00e9bat public. Le sujet, port\u00e9 par certains segments de la majorit\u00e9 et vivement discut\u00e9 dans l\u2019opposition, s\u2019est install\u00e9 au c\u0153ur des conversations politiques. Pour autant, le pr\u00e9sident n\u2019a, \u00e0 ce stade, livr\u00e9 aucune indication publique permettant de trancher la question de ses intentions pour 2029. Entre les discours de soutien, les interpr\u00e9tations des changements op\u00e9r\u00e9s au sommet de l\u2019\u00c9tat et les projections sur l\u2019avenir, le d\u00e9bat avance davantage au rythme des signaux suppos\u00e9s que des d\u00e9clarations explicites.Dans ce contexte, le remaniement minist\u00e9riel est observ\u00e9 bien au-del\u00e0 de sa port\u00e9e administrative. Il est scrut\u00e9 comme un possible r\u00e9v\u00e9lateur des rapports de force, des fid\u00e9lit\u00e9s entretenues et des \u00e9quilibres que le chef de l\u2019\u00c9tat entend pr\u00e9server ou r\u00e9am\u00e9nager. Les mouvements de personnes, les promotions et les d\u00e9parts alimentent ainsi une lecture politique dont aucune interpr\u00e9tation ne peut, pour l\u2019heure, \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme d\u00e9finitive.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des figures dans le viseur des observateurs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 mesure que se multiplient les visites de courtoisie, les t\u00e9moignages de solidarit\u00e9 et les manifestations de soutien, certaines figures concentrent davantage l\u2019attention. Derri\u00e8re ces s\u00e9quences, dont les motivations ne sont pas toujours explicites, se dessinent des calculs que les apparences seules ne suffisent pas \u00e0 \u00e9tablir. Les d\u00e9monstrations de fid\u00e9lit\u00e9 peuvent relever de la reconnaissance, de la solidarit\u00e9 personnelle ou de strat\u00e9gies de positionnement. \u00c0 l\u2019approche d\u2019une \u00e9ch\u00e9ance aussi structurante que 2029, elles deviennent n\u00e9anmoins mati\u00e8re \u00e0 interpr\u00e9tation.Le d\u00e9part du ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, cr\u00e9dit\u00e9 d\u2019une assise politique et tribale et souvent pr\u00e9sent\u00e9 comme proche du pr\u00e9sident, alimente ainsi les commentaires. Son \u00e9viction du gouvernement ne signifie pas n\u00e9cessairement un d\u00e9classement politique, pas plus qu\u2019elle ne permet de conclure \u00e0 une ambition pr\u00e9sidentielle. Elle ouvre toutefois un espace aux interrogations sur son r\u00f4le futur et sur la place qu\u2019il pourrait occuper dans les recompositions \u00e0 venir.Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, ancien ministre secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Pr\u00e9sidence, figure lui aussi parmi les personnalit\u00e9s dont le parcours et les r\u00e9seaux retiennent l\u2019attention. Son exp\u00e9rience des rouages de l\u2019\u00c9tat et sa proximit\u00e9 pass\u00e9e avec le centre du pouvoir suffisent \u00e0 le maintenir dans le champ des hypoth\u00e8ses, sans pour autant faire de lui un pr\u00e9tendant d\u00e9clar\u00e9.Dans les milieux politiques et s\u00e9curitaires, le g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la retraite Hanana Ould Sidi, ancien ministre de la D\u00e9fense, n\u2019\u00e9chappe pas davantage aux sp\u00e9culations. Son profil renvoie \u00e0 une autre dimension des \u00e9quilibres mauritaniens, o\u00f9 les r\u00e9seaux issus de l\u2019institution militaire continuent de peser dans la compr\u00e9hension des rapports de pouvoir. Mais, l\u00e0 encore, l\u2019int\u00e9r\u00eat que lui portent certains observateurs ne saurait \u00eatre confondu avec une candidature annonc\u00e9e.Le chef du gouvernement figure \u00e9galement dans les sc\u00e9narios \u00e9voqu\u00e9s. Sa relation avec le pr\u00e9sident et la confiance dont il semble b\u00e9n\u00e9ficier alimentent les commentaires sur une \u00e9ventuelle place dans l\u2019architecture politique de l\u2019apr\u00e8s-Ghazouani. Certains y voient les pr\u00e9mices d\u2019une succession pr\u00e9par\u00e9e ; d\u2019autres, une simple continuit\u00e9 gouvernementale destin\u00e9e \u00e0 consolider l\u2019action du pouvoir en place. Entre ces deux lectures, rien ne permet encore d\u2019affirmer qu\u2019un dauphin aurait \u00e9t\u00e9 choisi, ni m\u00eame que le processus de succession serait engag\u00e9 dans un sens pr\u00e9cis.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le troisi\u00e8me mandat, une hypoth\u00e8se qui brouille les perspectives<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La question d\u2019un \u00e9ventuel troisi\u00e8me mandat constitue la principale inconnue de cette s\u00e9quence politique. Elle entretient une ambigu\u00eft\u00e9 dont les acteurs de la majorit\u00e9 ne semblent pas tous tirer les m\u00eames conclusions. Pour les uns, les appels au maintien du pr\u00e9sident traduisent une volont\u00e9 de prolonger la stabilit\u00e9 et la continuit\u00e9. Pour les autres, ils participent d\u2019une strat\u00e9gie de fid\u00e9lisation politique, voire d\u2019une tentative de maintenir ouvertes plusieurs options en attendant que le rapport de force se pr\u00e9cise.Ces soutiens, parfois bruyants, ne constituent cependant pas une preuve de l\u2019existence d\u2019un projet pr\u00e9sidentiel pour un troisi\u00e8me mandat. Ils peuvent aussi traduire l\u2019inqui\u00e9tude de certains acteurs face \u00e0 l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 d\u2019un changement de leadership et \u00e0 la redistribution des positions qu\u2019une alternance au sommet de l\u2019\u00c9tat pourrait entra\u00eener. Dans un syst\u00e8me o\u00f9 l\u2019acc\u00e8s aux responsabilit\u00e9s, les r\u00e9seaux d\u2019influence et les fid\u00e9lit\u00e9s personnelles occupent une place importante, l\u2019incertitude sur l\u2019avenir du pouvoir suffit \u00e0 susciter des mouvements d\u2019anticipation.\u00c0 l\u2019inverse, l\u2019absence de d\u00e9claration du pr\u00e9sident ne saurait \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme un renoncement d\u00e9finitif \u00e0 toute autre option. Le silence pr\u00e9sidentiel maintient le d\u00e9bat ouvert, mais il ne permet pas de transformer les conjectures en certitudes. La prudence commande donc de distinguer les mobilisations observables des intentions qui leur sont pr\u00eat\u00e9es.L\u2019apr\u00e8s-Ghazouani, un sc\u00e9nario de plus en plus pr\u00e9sent<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 du d\u00e9bat sur le troisi\u00e8me mandat, une autre perspective semble progressivement s\u2019installer dans les raisonnements politiques : celle d\u2019un d\u00e9part de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani \u00e0 l\u2019issue de son second mandat, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une succession en 2029. Cette perspective, sans constituer une d\u00e9cision pr\u00e9sidentielle explicitement annonc\u00e9e, sert de point de d\u00e9part \u00e0 de nombreux calculs. Elle pousse les acteurs \u00e0 envisager l\u2019apr\u00e8s-Ghazouani, \u00e0 \u00e9valuer leurs marges de man\u0153uvre et \u00e0 mesurer les possibilit\u00e9s de repositionnement.Si ce sc\u00e9nario devait se confirmer, la question centrale ne serait pas seulement de savoir qui pourrait pr\u00e9tendre \u00e0 la magistrature supr\u00eame. Elle porterait aussi sur les conditions de d\u00e9signation d\u2019un candidat capable de f\u00e9d\u00e9rer les diff\u00e9rentes composantes de la majorit\u00e9, de pr\u00e9server les \u00e9quilibres internes et de s\u2019imposer face \u00e0 une opposition dont les propres strat\u00e9gies restent \u00e0 observer. La succession pourrait alors se jouer autant dans les m\u00e9canismes de rassemblement et de n\u00e9gociation que dans la comp\u00e9tition \u00e9lectorale proprement dite.La multiplication des marques de soutien \u00e0 certaines personnalit\u00e9s pourrait, dans cette perspective, \u00eatre comprise comme une mani\u00e8re de pr\u00e9parer des positions pour le prochain cycle politique. Mais aucune de ces manifestations ne suffit, \u00e0 elle seule, \u00e0 \u00e9tablir l\u2019existence d\u2019une coalition pr\u00e9sidentielle en formation. Les alliances peuvent se r\u00e9v\u00e9ler circonstancielles, les fid\u00e9lit\u00e9s se d\u00e9placer et les ambitions suppos\u00e9es s\u2019effacer lorsque les rapports de force \u00e9voluent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une bataille encore sans contours d\u00e9finis<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 trois ans de l\u2019\u00e9ch\u00e9ance, la pr\u00e9sidentielle de 2029 demeure moins une comp\u00e9tition d\u00e9clar\u00e9e qu\u2019un horizon autour duquel s\u2019organisent d\u00e9j\u00e0 les anticipations. Le pouvoir dispose encore du temps n\u00e9cessaire pour consolider ses \u00e9quilibres, tandis que les acteurs politiques cherchent \u00e0 comprendre les intentions du pr\u00e9sident et \u00e0 \u00e9valuer les cons\u00e9quences de ses choix. L\u2019opposition, de son c\u00f4t\u00e9, devra d\u00e9terminer si elle entend profiter de ces incertitudes pour construire une alternative cr\u00e9dible ou si elle restera cantonn\u00e9e \u00e0 la d\u00e9nonciation des man\u0153uvres suppos\u00e9es du camp pr\u00e9sidentiel.En d\u00e9finitive, les signes qui traversent actuellement la sc\u00e8ne politique mauritanienne restent trop impr\u00e9cis pour annoncer une configuration \u00e9lectorale. Ils r\u00e9v\u00e8lent n\u00e9anmoins une pr\u00e9occupation croissante pour l\u2019apr\u00e8s-2029 et pour la r\u00e9partition future des positions de pouvoir. Entre les partisans d\u2019un troisi\u00e8me mandat, les d\u00e9fenseurs d\u2019une succession et les personnalit\u00e9s dont les noms circulent sans qu\u2019elles se soient publiquement d\u00e9clar\u00e9es, le paysage demeure ouvert.Le v\u00e9ritable enjeu est d\u00e9sormais de savoir \u00e0 quel moment les sp\u00e9culations c\u00e9deront la place aux choix politiques explicites. D\u2019ici l\u00e0, les contingences, les rapports de force, les arbitrages du pr\u00e9sident et la capacit\u00e9 des diff\u00e9rents camps \u00e0 transformer leurs r\u00e9seaux en alliances durables seront d\u00e9terminants. En politique, toutes les hypoth\u00e8ses peuvent circuler ; seules les d\u00e9cisions, les actes et les rapports de force permettront de distinguer les ambitions r\u00e9elles des sc\u00e9narios construits dans l\u2019attente.Resserrer l\u2019analyse autour du remaniementR\u00e9duire les r\u00e9p\u00e9titions sur les sp\u00e9culationsDonner davantage de relief aux rapports de force<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entre sp\u00e9culations sur un troisi\u00e8me mandat, repositionnements au sein de la majorit\u00e9 et d\u00e9monstrations de fid\u00e9lit\u00e9, les premiers mouvements de<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":13670,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-13661","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13661","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=13661"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13661\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13664,"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13661\/revisions\/13664"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/13670"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=13661"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=13661"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/le-renovateur.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=13661"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}