Quand la bourgeoisie compradore d’un clan saigne à blanc la Mauritanie

S’interroger sur l’avenir politique de la Mauritanie, c’est se poser bien des questions sur le destin d’un pays qui a raté des occasions historiques de rattraper le temps perdu par une remise en cause des gestions exécrables de l’Etat par des parvenus incompétents, comptables devant l’histoire des dérives de toutes sortes qui ont ébranlé des années durant l’existence d’un pays dont une seule de ses ressources naturelles pouvait lui assurer son bien-être économique et social. Faute d’hommes intègres, compétents et dévoués à la nation, le pays est tombé de charybde à scylla. Avec des dirigeants fantoches qui succèdent à d’autres potiches qui reprennent en main les leviers de commande sans autres visions et motivations que de piller le pays, le saigner à blanc. Entouré de leurs clans, ils font main basse sur l’appareil d’Etat. Usant et abusant des richesses du pays ces hommes ne jurent que par le mensonge et les fausses promesses pour asseoir leur pouvoir sans jamais regarder les réalités du peuple en face. « Et si le peuple a faim qu’il inhale la poussière ». se diraient-ils. Pour distraire les citoyens ils savent comment amuser la galerie quand par des élections truquées, ils sortent vainqueurs infaillibles d’un cirque où leurs petits challengers sûrs d’avoir remporté une victoire qui leur fut volée, lâchent le petit peuple dans la rue pour s’égosiller de discours dithyrambiques, pendant que leurs ouilles sont alités dans les hôpitaux ou en détention dans l’attente d’être jugés comme des vandales. Le peuple de « la liberté » ne mérite-t-il que de telles « gratifications » abominables de la part des camps en conflit » ? Tout comme le bétail électoral qui a servi de faire-valoir une énième investiture présidentielle à laquelle ils ne sont pas les bienvenus. Combien des parodies électorales sont passées par là ? Et La Mauritanie demeure la vache à lait pour ces dirigeants à la mémoire courte et aux dents très longues qui n’ont comme programme que bercer le peuple d’illusions jusqu’à la fin pitoyable de leurs mandats. La Mauritanie n’arrive pas à opérer une rupture avec ce sale temps de la mauvaise gouvernance. La petite lueur d’espoir de la première transition démocratique de 2005 née du coup d’Etat contre Taya devrait être de courte durée quand ses fruits saccagés par les bourrasques de la conspiration qui devaient emporter prématurément le régime du président SIdioca pour semer les démons d’un autre passage transitoire sous le putschiste Aziz et l’installation de la Mauritanie dans deux décennies infernales de gouvernance sous la férule du maitre des lieux. Cette succession d’alternances ratées par des « changements » aux forceps est venue aggraver la situation du pays caractérisée par le ralentissement et la fragilisation de ses facteurs de production, de la déréliction du climat des affaires, la perte de confiance intercommunautaire, la montée des vagues de contestation et des revendications identitaires. Des mouvements aux dénominations évocatrices, suscités par l’indifférence caractérielle du président Aziz sourd aux aspirations populaires se sont multipliés. Par un flegme méprisant, les valeurs du dialogue et du débat positif se sont disjonctées pour fermer la porte à toute recherche de solutions aux crises multidimensionnelles qui ont paralysé le pays. Seul maitre à bord, il a plié le pays en quatre. La Mauritanie s’est retrouvée de plus en plus isolée de ses voisins immédiats, ses rapports avec le monde arabe se sont crispés préférant une alliance avec le diable serviteur d’un dir i(-ar)gent cultivant une bourgeoisie compradore sur la misère du peuple. Les accords de pêche pour une durée de 25 ans conclus avec les chinois ont ouvert la voie à une exploitation meurtrière des ressources halieutiques nationales. Cela a signé la mort programmée de plusieurs espèces recherchées en Mauritanie. L’état du marché national de poisson en donne la parfaite illustration. Le bradage de la snim , l’exploitation de la mine d’or de Tasiast , la disparition de fonds et autres réserves du trésor public, le patrimoine foncier de l’Etat livré en troc pour la construction d’infrastructures avec des attributions douteuses de marchés à des proches , le versement de royalties par des sociétés de recherche et d’exploitations minières sont autant d’abus qui laissent des failles béantes qui ont saigné à blanc l’économie du pays. Combien de temps faudrait-il pour arrêter l’hémorragie ?

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