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Pourquoi vous n’êtes pas ce que vous n’êtes pas ?

J’ai emprunté cette question à l’écrivaine franco-marocaine Leïla Slimani, qui dénonce le piège de l’assignation identitaire. Elle revendique, pour un écrivain d’origine maghrébine, le droit d’écrire sur n’importe quel sujet, sans être confiné au folklore ni au témoignage culturel.

Comme elle, j’ai parfois le sentiment de subir une forme d’assignation, professionnelle celle-là. Officier supérieur à la retraite, pourquoi ne me consacrerais-je pas aux questions militaires ou géostratégiques, plutôt qu’aux errances d’une plume qui emprunte d’autres trajectoires — que je me garderai bien de qualifier et encore moins de cataloguer dans des genres convenus ?

Comme si l’on me demandait : pourquoi n’êtes-vous pas uniquement un écrivain militaire, alors que vous ne l’êtes pas ?

La question m’a été fréquemment posée depuis la parution de mon recueil TOUT SIMPLEMENT… ma plume en errance dans trois souffles… Elle trouvera sans doute une nouvelle impulsion avec l’annonce du titre de mon recueil arabe, actuellement en cours de finition :

« من مسارات قلمٍ هائمٍ
بين نحت الكلمات ووقفات مع صانعيها »

Je n’éprouve nullement le besoin de justifier mon refus de tels confinements intellectuels : Pourquoi gaspiller mon énergie à justifier une existence qui ne demande qu’à être vécue, tout simplement ?

Ce seraient des lapalissades que de dire :

Que je revendique ma part de l’universel ;

Que j’adhère à la liberté de la complexité — à la pensée complexe, comme dirait Edgar Morin ;

Que je ne cherche pas à faire preuve d’authenticité, sauf si authenticité rime avec errance de plume.

Colonel (e/r)
El Boukhary Mohamed Mouemel

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