SOMELEC : Biram Dah Abeid exige vérité et reddition des comptes
Pour Biram Dah Abeid, les incendies ayant touché deux infrastructures électriques stratégiques de Nouakchott dépassent largement le cadre d’une simple panne. Ils révèlent, selon lui, une crise de gouvernance mettant en cause l’état des infrastructures, leur maintenance, la gestion des marchés publics, les mécanismes de contrôle et la capacité de l’État à anticiper les risques.
Le député et opposant souligne les conséquences des coupures sur les commerces, les services de santé, les stations-service, l’approvisionnement en eau et les paiements électroniques. « Les Mauritaniens ont droit à des réponses précises, pas à des récits de circonstance destinés à protéger le gouvernement », affirme-t-il.
« Le problème existait avant » ne suffit pas
Biram Dah Abeid rejette l’argument de l’ancienneté des infrastructures. Pour lui, un gouvernement doit diagnostiquer les faiblesses héritées, les corriger et anticiper les risques.
Il s’interroge notamment sur les équipements acquis dans le cadre du programme de modernisation de Nouakchott mais qui, selon les déclarations du Premier ministre, n’auraient toujours pas été installés. « Comment justifier qu’un matériel destiné à renforcer un réseau stratégique reste immobilisé en entrepôt pendant que les postes en service deviennent à ce point vulnérables qu’ils prennent feu ? », demande-t-il.
Il réclame que les déclarations officielles soient confrontées aux documents disponibles : contrats, factures, procès-verbaux de réception et dates de livraison et d’installation. La chronologie des acquisitions et des travaux doit, selon lui, être établie pièces à l’appui.
Une enquête réellement indépendante
L’opposant met également en doute l’indépendance de la commission d’enquête gouvernementale, compte tenu de sa composition largement issue de l’appareil d’État.
Il estime que l’enquête doit aller au-delà des causes techniques pour établir les responsabilités : « qui a décidé quoi, qui a signé quoi, qui a contrôlé quoi et qui aurait dû intervenir avant le sinistre ».
Il demande ainsi au Parlement de créer sa propre commission d’enquête afin d’examiner les marchés, les responsabilités administratives et les éventuels conflits d’intérêts.
Des marchés à éclaircir
Biram Dah Abeid réclame la publication des documents relatifs aux marchés concernés et une vérification des entreprises bénéficiaires, des intermédiaires, des propriétaires réels et des responsables de la réception et du contrôle des équipements.
Il appelle également à mettre fin à ce qu’il qualifie de pratique du « tsamsir » dans les marchés publics, au profit de davantage de compétence technique et de transparence.
Au-delà de la SOMELEC, il demande un audit général des infrastructures stratégiques de Nouakchott et une évaluation du dispositif de gestion des crises. L’objectif, selon lui, doit être de passer de la réaction à la prévention, à travers une meilleure maintenance et une véritable culture de responsabilité.
« Moderniser ne peut pas signifier simplement inaugurer », résume-t-il.