Tartufferies de l’ancien régime : les masques sont tombés !

Accablant, très accablant ! Le rapport de la CEP est sans appel. L’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, ses premiers Ministre, ministres, et hauts cadres de l’ancien régime sont cités dans des présumées affaires de corruption, complicité et violations flagrantes des procédures de passations des marchés, des contrats de complaisance et de cessions foncières irrégulières. Des preuves étayées par des documents et corroborés par des témoignages des acolytes et autres protagonistes directs ou indirects d’abus de corruption et d’actes qualifiés de détournements des deniers publics. Des faits graves assimilés à une haute trahison qui en quelques mois seulement ont rattrapé l’ex-homme fort du pays. Avait-il crû que ce jour de jugement très proche viendrait et de cette façon si rapide, si brutale , si humiliante sans disposer de la moindre arme de défense ! Lui qui faisait trembler des généraux qu’il a nommés à sa discrétion, des présidents qu’il a parrainés après avoir défait Taya, prêté le pouvoir à ses prédécesseurs avant de s’imposer pendant deux mandats et passer le flambeau à celui qui lui voua fidélité et confiance. L’histoire s’est-elle arrêtée là ? Tout porte à le croire. Commence alors une autre dont l’épilogue n’est plus loin. Selon les conclusions de la CEP qui fournit un rapport documenté qui remonte presque tous les actes flagrants et très graves commis par l’ancien chef de l’État qui s’était autoproclamé artisan de la lutte contre la gabegie et personnage propre, blanc comme neige. Au moindre soupçon sur l’octroi d’un marché ou sur un présumé transfert d’argent à l’étranger ou d’une transaction occulte, il s’empresse par ses hommes-lige à nier les faits à dissimuler vite les preuves et à brandir les menaces de poursuites judiciaires contre l’impertinent auteur de la révélation. Que de scandales collés à son nom ou à ses proches ont –ils été cités sans jamais trouver de suite ! Que de fonds non déclarés passaient sans contrôle et de containers transitant par le port et déchargés nuitamment vers des destinations noires comme les heures de passage de ces camions bourrés de matériel de valeur. L’histoire d’une enquête parlementaire diligentée avec docte par une CEP qui ne donnait pas au départ l’air de pouvoir rassembler, compiler autant de documents authentiques bien agencés pour en faire un rapport jamais produit en Mauritanie sur la « vandalisation » des richesses du pays par un homme et sa clique. Alors que ce même homme et ses compères sillonnaient le pays pour tenir des cirques sur la lutte contre la gabegie et adresser par la même occasion des tirs croisés sur les vétérans de l’opposition et les barbus. Nul besoin de considérer que ce grand almanach sur la prévarication riche en preuves est un montage à dessein de régler les comptes à l’ancien président. Seulement le tragique dans cette affaire est qu’il soit le premier chef d’Etat mauritanien à tomber sous le coup d’une accusation gravissime dont il s’en sortira difficilement sauf coup de théâtre d’un destin ! L’homme semble –il est un miraculé. La suite de ce feuilleton le dira –t-il ? Le mérite de ce rapport est d’avoir mis à nu les tartufferies de l’ancienne gouvernance qui des années durant à menti aux mauritaniens , falsifié les chiffres et abusé de la confiance d’un peuple sans voix et rompu aux fausses promesses de ses dirigeants. L’affaire de MOAZ et consorts -aidée par la création d’une HCJ – fera-t- elle jurisprudence ? Le chemin de la descente aux enfers pour les « moufsidine » est bien balisé !
A la lecture de ce rapport la responsabilité du gouvernement est moralement engagée. Ce qui implique de facto la démission de toute l’équipe et la nomination d’une autre composée d’une partie ou sans les hommes en place.

Amadou Diaara

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