Un ex- Général â l’épreuve du pouvoir politique

Quelle methode pour quelle personnalité ?

Il était le frère d’arme du président sortant. Une amitié tranquille renforça les relations entre les deux hommes que rien jusqu’ ici n’ébranla. Aziz et Ghazouani c’est l’histoire d’un destin qui n’a pas fini d’être transcrit par les contingences du temps. L’épreuve du pouvoir sera l’ultime test de confirmation ou de démenti de cette longue complicité entré les deux castors. Fera –t- elle fausse route à la porte du palais ou créera-t-elle une forme de duplicité pour générer dans l’ombre un pouvoir bicéphal. L’histoire est riche en récits d’aventures et de retournements politiques. Surtout en Afrique où les tentations sataniques du pouvoir ne cessent d’enfanter toutes sortes de tragédies .En Mauritanie, c’est la première fois qu’un parfait scénario de succession amicale du pouvoir se produit. Du début â la fin les deux Généraux parachèvent le plan de conservation du palais avec un verrouillage systématique de la citadelle. La victoire réussit sans coup férir. La contestation fusa comme un feu de paille avant de s’estomper. Les élections sont passées. Le pouvoir a changé de main. Le nouveau président Mohamed Ould Ghazouani entame en néophyte, une carrière inconnue â laquelle il ne s’y était pas préparé sachant l’ampleur de la responsabilité qui s’y attache. Face au lourd héritage que son ami Aziz lui céda, aura-t-il les coudées franches pour gérer les affaires de la cité ?
La fonction présidentielle est complexe et parsemée d’embuches. C’est une concentration de pouvoirs et une combinaison de forces qu’il faut savoir vite dominer sinon elles vous dominent. Une seule petite erreur peut tout détruire. Certains choisissent la fougue à l’état brut sans interroger la raison. Ils n’ont affaire qu’à eux-mêmes et à leur pulsion égocentrique. C’est le genre qui incarne l’absolutisme « L’Etat c’est moi », « après moi le déluge »… et qui s’engouffre dans les illusions des grandeurs infinies, en oubliant que c’est le peuple qui la élu, bien ou mal peu importe. Avec un tel style, le pouvoir est personnalisé. Les rapports de force sont déséquilibrés et les relations politiques se crispent. La moindre voix discordante est considérée comme un affront qu’i faut réduire au silence. Les moindres revendications comme des rébellions ou comme des complots en intelligence avec le diable étranger. Ce type de pouvoir ne manque pourtant pas de moyens pour sublimer, séduire détourner les esprits en faisant croire que c’est lui le protecteur, le sauveur, le perfectionniste dans la gestion des ressources publique, le modèle de gouvernance démocratique. C’est ce type de pouvoir qui a régenté la vie politique jusqu’à la fin du mandat de Mohamed Ould Abdel Aziz.
Ce serait une erreur de croire que le nouvel homme fort du pays est sans aucune culture politico- idéologique. Le parcours militaire de cet homme au sein d’une armée politisée jusqu’aux bottes donne toutes les raisons de dire que l’ex-général a au moins fait ses armes dans un cercle idéologique à une époque où les officines des renseignements étaient sous la tutelle d’officiers politiquement marqués. Si les avis ne sont pas unanimes sur sa personnalité, on lui reconnait une grande discrétion, un sens de l’écoute et un air de courtoisie. Peu loquace mais espiègle, réservé mais débonnaire, Ould Ghazouani doit casser le cocon pour se mettre dans le costume d’un président capable de réaliser l’exploit de bâtir une nation plurielle soutenue par un Etat de droit et une démocratie alternative. De quels moyens dispose-t-il pour y arriver ?
A suivre….

CTD