Dans quelques jours le Président Ould Ghazouani va boucler ses 100 jours à la tête du pays. Un trimestre au terme duquel les mauritaniens ont croisé les doigts et scruté l’horizon du changement après le départ précipité de son prédécesseur Mohamed Ould Abdel Aziz à l’étranger.
« Ventre affamé n’a point d’oreilles » !
Le peuple est partagé entre l’espoir d’une nouvelle donne annonciatrice d’une ère nouvelle plus clémente consacrant une amélioration des conditions de vie sociales, économiques… et les craintes de replonger dans l’incertitude et la précarité. En trois mois, les premiers signaux permettent de dégager quelques indices de l’action gouvernementale depuis la prise de fonction de l’équipe du PM. Calfeutré longtemps dans son silence, le nouveau président a fait sa première sortie publique dédiée au lancement en pompe de l’année scolaire 2019/2020. Deux voyages à l’étranger et un troisième prévu en Russie l’agenda de Mohamed Ould Ghazouani reste encore sobre. En revanche les premiers pas en direction de l’opposition ont entamé une décrispation de la scène politique marquée par un apaisement de la guerre verbale qui agitait le ciel politique. Les nouvelles autorités veulent calmer le jeu sur le front intérieur pour, en échange décrocher des garanties de reconnaissance extérieure notamment par le retour à la confiance entre le gouvernement les activistes des droits de l’homme. Le cas de la domestique victime d’abus de pratiques esclavagistes et dont le traitement par le parquet a soulevé un tollé dans les milieux des droits de l’homme a semé le doute sur la volonté de l’actuel gouvernement de faire mieux, en matière de lutte contre l’esclavage et ses corollaires. L’obtention d’un siège au conseil des doits de l’homme de l’ONU par la Mauritanie est un point obtenu par l’actuel gouvernement qu’il pourrait mettre à l’actif de son offensive diplomatique et tenter de se crédibiliser aux yeux d’une opinion internationale et de certains lobbies « droits de l’hommistes » bien implantés dans le monde. Est-ce pour autant une victoire de gagné ou un départ qui doit avoir les moyens de son action. Il n’est que de suivre la polémique que cet événement a provoqué pour mesurer l’ampleur du travail qui attend le gouvernement d’Ismail Ould Boddé dans les jours à venir en plus de la gestion d’autres dossiers pendants du passif humanitaire qui constituent un héritage à assumer par l’Etat. Ould Ghazouani commence à réaliser qu’il ne pourra pas avoir une force de frappe en continuant à s’entourer d’une majorité qui n’est pas la sienne quand bien même celle-ci l’avait soutenue. Il doit réfléchir sur les options à prendre pour avoir les coudées franches sinon s’exposer à des retournements de situations dangereuses.
A la fin des 100 premiers jours de son investiture, Ould Ghazouani qui a instruit son gouvernement de prendre ses responsabilité sur les missions qui lui sont confiées est tout aussi attendu par ses concitoyens sur des questions urgentes comme la baisse des prix des denrées alimentaires, les délestages intempestifs qui ont occasionné plusieurs préjudices dans des secteurs de l’économie informelle mais aussi sur l’insécurité urbaine qui redouble de l’ampleur dans les zones mal éclairées. L’efficacité du gouvernement ne se mesure pas aux déclarations et commentaires dans les points de presse hebdomadaires mais par la mise en pratique sur le terrain des décisions. C’est le cas de le rappeler notamment à l’occasion des déclarations du ministre de la santé concernant la gratuité des soins médicaux dans les établissements de santé publique et qui ne correspondent pas à la réalité qui existe. En 100 jours le gouvernement tente de se frayer un chemin pour entamer son envol. Le passage à la vitesse supérieure n’a plus que quelques courts délais devant lui pour juger de l’efficacité des uns et des autres.