Réhabiliter les symboles d’une nation : le virus est dans la mémoire…

59 ans après l’indépendance la Mauritanie n’a pas conservé un seul vestige des premières années de sa souveraineté. C’est dans la capitale Nouakchott où eut lieu le premier conseil des ministres sous la tente que les symboles devaient être les plus visibles pour témoigner de ce que l’histoire a legué à la mémoire collective. Pourtant les reliques existent encore malgré la main de l’homme. Comme si les mauritaniens ont la phobie de voir les anciens clichés du vieux socle urbain encombrer les regards . Il fallait au moins élever des monuments portant les noms de certains endroits : la place de l’indépendance, l’ancien logement du père de la nation qui n’a pas eu le privilège d’être érigé en symbole de l’appellation du nouvel aéroport de Nouakchott. Des lieux encore visibles comme l’ancienne place de la radio nationale, et bien d’autres qui méritent de porter des noms de figures fondatrices disparues ou encore vivantes. D’illustres enseignants, administrateurs…Rien de tout cela ne fait partie du décor urbain d’une capitale gagnée par la prolifération des boutiques, magasins, immeubles et où le simple touriste étranger n’a l’occasion de ramener dans ses valises des cartes de voyage d’une image gravée sur une esplanade, une avenue, un stade et encore… et encore… de notre diversité culturelle dissoute dans l’océan des préjugés. Au moment où nous avons besoin de faire revivre l’âme patriotique, devenue paranoïaque, réhabiliter les valeurs d’une nation à travers ses représentations intrinsèques et ses incarnations symboliques, nos dirigeants sont l’expression la plus achevée de la destruction de cette unité dans la différence censée être notre référant historique et identitaire. Haro sur tout ce qui sert le brassage social par le langage des signes et des allégories. Si la capitale a raté d’être le creuset de cette référence à l’histoire et le fondement d’une nation ,les mensonges politiques ont de beaux jours devant eux pour réécrire le livre de l’écolier. Que faut-il espérer quand les manuels scolaires ressemblent à des collections sur les bouffonneries de Toto, qu’espérons –nous produire plus que des cancres, des déchets scolaires qui emplissent les rues des quartiers pauvres pour se transformer en larcins, en prédateurs hors-la-loi, semant la terreur. Alors que le ver est dans les mémoires, nous voulons construire les élites de demain avec quels matériaux !

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