Nouachott: lancement officiel de la Stratégie nationale de lutte intégrée contre les maladies de la peau 2026-2030
L’atelier d’approbation de la Stratégie nationale de lutte intégrée contre les maladies de la peau 2026-2030 s’est tenu vendredi 24 avril 2026, en soirée, à l’hôtel Sheraton de Nouakchott. Organisé par le ministère de la Santé en coopération avec l’Organisation mondiale de la Santé, il a réuni les secrétaires généraux de l’Éducation et de la Réforme du système éducatif, de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration, du Travail social, de l’Enfance et de la Famille. Plusieurs ambassadeurs accrédités en Mauritanie ainsi que des représentants d’organisations internationales du secteur de la santé y ont également pris part.
À l’ouverture, la secrétaire générale du ministère de la Santé, Mme El-Alya Yahya Menkouss, a annoncé officiellement la stratégie 2026-2030. Au nom du ministère, elle a remercié la Banque de Commerce et d’Industrie et l’Autorité mauritanienne de lutte contre les maladies de la peau pour leur soutien constant tout au long de l’élaboration du document.
Mme Menkouss a rappelé que les maladies de la peau comptent parmi les problèmes de santé publique majeurs, car elles touchent toutes les couches de la société. Suivant les orientations du Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh Al-Ghazouani, sur le développement des services de santé publique, le ministère a lancé en 2023 le Programme national des maladies de la peau. La stratégie adoptée servira désormais de cadre de référence pour l’ensemble des acteurs impliqués dans la prévention, le diagnostic et la prise en charge.
Elle a précisé que cette stratégie s’aligne sur la Politique Nationale de Santé et le Plan National de Développement Sanitaire 2020-2030, ainsi que sur les stratégies de santé communautaire et de couverture sanitaire intégrale. L’objectif : garantir des services de santé justes et équitables pour tous.
De son côté, le représentant de l’Autorité mauritanienne de lutte contre les maladies de peau, M. Mamadou Ball, a estimé que l’adoption de cette stratégie marque un tournant vers un système de santé plus complet et plus efficace. Il a souligné qu’elle s’inscrit dans la vision du Président de la République pour moderniser le système national de santé et en améliorer la qualité.
Pour la Représentante Résidente de l’OMS en Mauritanie, Mme Charlotte Faty Ndiaye, cette stratégie permettra de renforcer la performance du système de santé et de rapprocher les soins des citoyens. Elle a réaffirmé l’engagement de l’OMS à appuyer les efforts du gouvernement pour améliorer la préparation et l’efficacité du système.
Le représentant de la Banque de Commerce et d’Industrie, M. Didi Tajdine, a insisté sur la nécessité d’investir dans la santé. Selon lui, l’engagement de la banque dans ce processus traduit la conviction que le secteur privé a un rôle central à jouer dans le développement du pays.
L’urgence d’agir s’appuie sur des données claires. Les cas de dermatoses rapportés sont passés de 64 164 en 2021 à 107 734 en 2025, soit une hausse de 68%. Les dermatophyties, infections bactériennes, eczémas et la gale représentent plus de 65% de la charge totale. Les enfants, les femmes et les populations précaires sont les plus exposés.
Au-delà de leur fréquence, ces pathologies provoquent douleurs physiques, dégradation de la qualité de vie, stigmatisation sociale et pertes économiques. La dépigmentation artificielle, pratiquée par près de 39% des femmes consultant en dermatologie, entraîne des complications sévères et durables.
Pourtant, les dermatoses restent sous-financées alors que les solutions sont simples et très rentables. Traiter la gale coûte moins de 1 USD par patient, pour un retour sur investissement estimé entre 10 et 20 USD. Renforcer les capacités au niveau primaire et développer la télédermatologie élargirait l’accès aux soins à moindre coût, avec des bénéfices directs en termes de dignité, de bien-être et d’inclusion sociale.
À l’issue de la séance, les participants ont décidé de renforcer la collaboration intersectorielle pour améliorer l’accès aux services essentiels. La mise en œuvre de la stratégie 2026-2030 est désormais une priorité. Un suivi interministériel est prévu pour déployer rapidement des actions concrètes sur le terrain.
Dienaba Wane