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Mauritanie : RSF approuve le projet de loi sur l’information et attend plus de réglages…

Reporters sans frontières (RSF) a salué le projet de loi mauritanien relatif à l’accès et à l’utilisation de l’information publique, en discussion depuis avril 2026. Ce texte concrétise un engagement pris par le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani en 2024, puis réaffirmé à Nouakchott en mai 2025 lors d’une rencontre avec l’organisation. Il répond également à une recommandation formulée de longue date par RSF.

Le projet comporte plusieurs avancées significatives. Il reconnaît un droit universel d’accès aux informations détenues par les organismes publics, impose la publication proactive de certaines données, consacre la gratuité de l’accès comme principe et réduit à 15 jours le délai de réponse aux demandes formulées par les journalistes et les chercheurs. Ces dispositions s’inscrivent dans le prolongement des réformes du secteur des médias engagées depuis 2019.

Pour Oussama Bouagila, directeur du bureau Afrique du Nord de RSF, ce texte « peut véritablement améliorer l’accès à l’information en Mauritanie ». L’organisation souligne toutefois que sa portée dépendra de sa mise en œuvre effective. En Mauritanie comme dans de nombreux pays, plusieurs textes législatifs restent inappliqués faute de décrets d’exécution, de moyens suffisants ou de volonté politique.

RSF conditionne ainsi son soutien définitif à l’adoption de quatre garanties supplémentaires. L’organisation recommande d’abord un encadrement plus strict des exceptions au droit d’accès à l’information, en imposant à l’administration de démontrer l’existence d’un préjudice réel avant tout refus. Elle plaide également pour la réduction du délai de silence administratif valant refus implicite, actuellement fixé à quatre mois, afin de l’aligner sur les standards internationaux.

L’organisation demande en outre de garantir l’indépendance du futur médiateur chargé du droit à l’information, notamment à travers un mode de nomination associant le Parlement et la société civile. Enfin, elle préconise une plus grande transparence des refus maintenus par les administrations, en prévoyant leur mention nominative dans le rapport annuel du médiateur.

RSF appelle les autorités mauritaniennes à intégrer ces amendements au cours de l’examen parlementaire du texte, après consultation des professionnels du secteur. Pour l’organisation, l’objectif est de garantir aux journalistes un droit réellement effectif à l’information, et non l’adoption d’une loi supplémentaire qui resterait sans effet concret.

Ce projet de loi s’inscrit dans les engagements régionaux de la Mauritanie, membre du Partenariat international sur l’information et la démocratie et signataire de la Déclaration de Dakar sur le droit à l’information au Sahel. Il constitue, selon RSF, une occasion importante de transformer les engagements politiques en avancées concrètes.

Dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2026 publié par RSF, la Mauritanie occupe la 61ᵉ place sur 180 pays et territoires.

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