DROGUE EN MAURITANIE : UN NOUVEAU TEXTE POUR DURCIR LA LUTTE
Le Conseil des ministres a adopté, jeudi 27 août, un projet de loi visant à renforcer la lutte contre le trafic et la consommation de drogue en Mauritanie. L’adoption de ce texte intervient dans un contexte marqué par une multiplication des saisies opérées ces dernières semaines par les services de sécurité dans plusieurs wilayas du pays.
Le phénomène semble gagner du terrain. À Nouakchott comme dans d’autres villes, la consommation de stupéfiants est devenue plus visible et s’accompagne de préoccupations croissantes liées aux délits et aux troubles à l’ordre public. L’apparition de nouvelles substances, notamment l’« adross », ajoute une difficulté supplémentaire aux autorités sanitaires et sécuritaires.
Cette progression s’explique par plusieurs facteurs. Le déficit d’information et de sensibilisation, notamment auprès des jeunes, favorise l’expérimentation et l’influence du groupe. Les difficultés sociales, le chômage et le manque de structures d’encadrement constituent également un terrain exploité par les réseaux de dealers. Le phénomène ne se limite plus aux grands centres urbains et touche désormais certains quartiers périphériques et localités secondaires.
Le nouveau dispositif entend élargir le champ d’action de l’État. Au-delà de la consommation et de la revente, le projet de loi vise les différentes étapes de la chaîne de production et de distribution, notamment la production, la culture, la transformation et les activités logistiques. Il prévoit également des mesures destinées à faciliter le démantèlement des réseaux criminels, avec l’objectif de renforcer l’effet dissuasif des sanctions et de permettre aux autorités judiciaires et sécuritaires de mieux cibler les filières.
Mais la réponse pénale ne saurait, à elle seule, contenir durablement le phénomène. La prévention, la sensibilisation et la prise en charge des personnes confrontées à l’addiction demeurent essentielles. En milieu scolaire notamment, les campagnes d’information, les espaces d’écoute ainsi que le développement d’activités sportives et socio-éducatives peuvent contribuer à réduire les facteurs de vulnérabilité.
À travers ce projet de loi, les autorités entendent ainsi afficher une réponse plus ferme et mieux coordonnée face aux trafics de stupéfiants. Le principal défi sera désormais de faire du renforcement du cadre pénal un levier complémentaire d’une politique de prévention et de prise en charge, capable d’agir à la fois sur l’offre et sur la demande