« Le dialogue ne peut être la caution d’une violation de la Constitution »
Biram Ould Dah Ould Abeid appelle l’opposition à se retirer du dialogue et à unir ses forces face à ce qu’il considère comme une menace pour l’ordre constitutionnel.
La Mauritanie a besoin d’un véritable dialogue national. Mais, pour Biram Ould Dah Ould Abeid, il faut distinguer cette exigence nationale du processus actuellement engagé par le pouvoir.Dans une déclaration publiée le 13 septembre, l’opposant dénonce une contradiction entre l’ouverture affichée par le pouvoir et les faits : arrestations d’opposants, poursuites contre des militants, entraves à l’exercice du mandat de parlementaires et incarcération du général à la retraite Lebbat Ould Maayouf.Il dénonce surtout une campagne qui viserait, selon lui, à préparer l’opinion à une modification de la Constitution permettant un troisième mandat. Pour lui, cette perspective prive le dialogue de sa crédibilité : on ne peut discuter sereinement de l’avenir institutionnel du pays pendant que les règles constitutionnelles seraient parallèlement menacées.
Réformer les règles du jeu
L’enjeu du dialogue devrait, selon lui, porter sur les conditions réelles de la compétition politique : indépendance de la CENI, transparence électorale, découpage électoral, financement des partis et des campagnes, parrainage, autorisation des partis et égalité entre les acteurs.Sans réformes profondes sur ces questions, estime-t-il, le dialogue risque de produire quelques ajustements sans créer les conditions d’une véritable alternance.L’opposant met également en cause le caractère inclusif du processus, en raison de l’absence d’une partie importante de l’opposition, dont le candidat est arrivé deuxième à la dernière présidentielle.
Retrait et unité de l’opposition
Biram Ould Dah Ould Abeid appelle donc les forces de l’opposition engagées dans le dialogue à reconsidérer leur participation et à engager des concertations pour parvenir à une position commune.Il précise toutefois qu’il ne rejette pas le dialogue en tant que tel. Il se dit favorable à un dialogue libre, inclusif et transparent, capable de réformer les règles du jeu politique.Son message est clair : l’opposition ne doit pas servir de caution à un processus qui, selon lui, se déroule dans un contexte de répression et de préparation d’une possible rupture de l’ordre constitutionnel.