Affaire des blogueurs : L’État durcit le ton et passe à l’offensive
17 personnes ont été interpellées dans le cadre de l’enquête ouverte autour de blogueurs mauritaniens établis à l’étranger. Les autorités parlent d’un système présumé d’extorsion reposant sur des publications ciblées, le chantage et des atteintes à la vie privée. L’enquête s’intéresse désormais aux éventuels circuits financiers et aux relais locaux.Le ton s’est nettement durci mercredi 7 octobre. Devant la presse, le porte-parole du gouvernement a annoncé que 17 personnes avaient été interpellées dans le cadre de l’enquête visant des blogueurs établis à l’étranger.Selon les autorités, ces derniers auraient mis en place un système d’extorsion s’appuyant sur les réseaux sociaux. Des publications visant certaines personnes, des accusations portant atteinte à leur réputation ou à leur vie privée auraient servi de moyens de pression pour obtenir de l’argent.Mais les enquêteurs cherchent désormais à aller au-delà des contenus publiés sur les réseaux sociaux. Le volet financier occupe une place croissante dans les investigations. Les enquêteurs tentent notamment de déterminer l’origine des fonds, leur destination et le rôle éventuel de personnes servant d’intermédiaires en Mauritanie.Les soupçons évoqués par les autorités portent également sur d’éventuels faits de corruption et sur l’existence de circuits financiers entre les blogueurs concernés et des relais locaux.Avec les nouvelles interpellations, l’enquête semble donc chercher à remonter toute la chaîne présumée, depuis ceux qui seraient à l’origine des opérations depuis l’étranger jusqu’aux personnes susceptibles d’avoir facilité ou bénéficié de ces activités en Mauritanie.L’affaire reste toutefois au stade de l’enquête. Les personnes interpellées bénéficient de la présomption d’innocence et les accusations portées contre elles devront être étayées par des preuves et examinées par la justice.Pour les autorités, le dossier constitue désormais un avertissement à ceux qui utiliseraient les réseaux sociaux comme moyen de pression, de chantage ou d’extorsion. La liberté d’expression, rappellent-elles, ne saurait couvrir de telles pratiques.

