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Après la santé Thiam Tijane au chevet d’une entreprise en agonie !

Le remaniement ministériel ne marque pas nécessairement la fin du parcours pour les membres de l’ancienne équipe. À peine libérées par leurs anciens occupants, certaines directions stratégiques, comme la SOMELEC, la SMCP ou MAADEN, trouvent déjà de nouveaux responsables. D’autres nominations devraient suivre dans les prochains jours, prolongeant ainsi le mouvement de repositionnement des personnalités sorties du gouvernement.La nomination de Thiam Tijane, premier des ministres sortants à retrouver un poste de responsabilité, à la tête de la SOMELEC, retient particulièrement l’attention. L’ancien ministre de la Santé hérite d’une entreprise malade et fragilisée par des dysfonctionnements dont les récents sinistres survenus dans les postes électriques ont remis en lumière l’ampleur. Le rapport d’enquête, encore frais, soulève des interrogations sur la gestion des équipements, les dispositifs de contrôle et les responsabilités engagées.Dans ces conditions, la SOMELEC ressemble moins à un point de chute qu’à un véritable terrain miné. Pour Thiam Tijane, cette nomination s’apparente à un cadeau empoisonné : il lui faudra rétablir la confiance, corriger les défaillances et engager le redressement d’une entreprise dont les difficultés dépassent le simple changement de direction.

Le limogeage de Sidi Ould Salem de la tête de la SMCP soulève, lui aussi, des interrogations. Ancien directeur de la SOMELEC avant de prendre les commandes de la société de commercialisation des produits de la pêche, il quitte cette dernière au moment où le récent rapport sur les sinistres des postes électriques remet en lumière un présumé passif lié à la gestion de l’entreprise électrique. Le rapprochement entre ces deux faits , nourrit inévitablement les questionnements, sans suffire à établir un lien direct entre son éviction de la SMCP et les conclusions du rapport.Reste une autre inconnue : en quittant la SMCP, Sidi Ould Salem tourne-t-il définitivement la page de ses responsabilités à la tête des entreprises publiques ? Ou son passage à la société de commercialisation des produits de la pêche pourrait-il, à son tour, faire émerger de nouvelles controverses sur sa gestion ? À peine sorti d’une entreprise, l’ancien responsable pourrait ainsi rester exposé aux interrogations sur une autre. Dans ce jeu de chaises musicales, le changement de poste ne garantit pas nécessairement la clôture des dossiers, surtout lorsque les bilans de gestion restent sujets à examen.Le choix d’un nouveau responsable politique ne suffit pas, à lui seul, à garantir le redressement de la SOMELEC. Une transition préparée, appuyée sur l’expertise technique et la connaissance des rouages internes, aurait pu permettre de mieux cerner les urgences et de préserver la continuité opérationnelle. En confiant directement les commandes à un ancien membre du gouvernement, les autorités font le pari de sa capacité à relever le défi, sans que les conditions d’un accompagnement technique et institutionnel apparaissent clairement.Au-delà de ces trajectoires individuelles, ces nominations posent une question plus large : s’agit-il de véritables choix de gestion, dictés par les besoins des entreprises publiques, ou d’un prolongement du reclassement des responsables sortis du gouvernement ? La réponse se mesurera moins aux titres attribués qu’aux résultats obtenus et à la manière dont les éventuels passifs de gestion seront examinés.

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