60 ans de rendez –vous manqués … en attendant le procès de l’histoire !

Construire une nation plurielle culturellement et linguistiquement serait une chance historique si des faits moralement insoutenables et patriotiquement abominables n’avaient triomphé sur le destin d’un pays où toute œuvre de consolidation de l’unité nationale est sapée par les sirènes de la discorde, chantre insatiables d’une Mauritanie recroquevillée sur elle –même et rétive à toute rencontre avec l’histoire authentique celle où des siècles durant des cultures diverses se sont croisées, des batailles engagées contre l’envahisseur ,des guerres endeuillé des provinces entières , faisant péricliter de prestigieux royaumes au nom de l’attachement à la liberté et au refus de l’assujettissement aux forces du mal. Quel descendant de cette Mauritanie d’avant l’indépendance n’a payé le prix fort de la résistance coloniale sans d’autres motifs que de préférer la mort à l’humiliation. Cette page de l’histoire coloniale est infalsifiable quand bien même la nôtre a été mille fois recyclée par des idéologies de liquidation systématique des différences. Quand arriva la guerre du sahara des fils de cette patrie ont versé leur sang sur le champ d’honneur. Les voilà hélas devenus des oubliés d’une cause là où d’autres n’ont pas franchi les lignes de front se gargarisent d’un patriotisme usurpé et taillé sur mesure. Il faut rétablir l’histoire pour réhabiliter la vérité. Dans ce pays totalement musulman des crimes monstrueux ont été commis à l’encontre de certains mauritaniens par des mauritaniens et dont les mauvais souvenirs hantent et heurtent les consciences. Les acteurs du mal vivent le supplice de cette réminiscence ignoble sans se soustraire à la douleur de la bêtise Liquider des centaines de leurs frères d’arme sans autre forme de procès que la raison du plus perfide est un crime contre l’humanité. Refuser de reconnaitre les faits est un autre acte coupable. Et ce n’est pas en réprimant la marche pacifique des victimes qu’on étouffe dans l’œuf la vérité et on enterre un passé honteux pour casser l’élan de revendication de la justice. Le procès de l’histoire aura bien lieu un jour, inexorablement. Seul le camp du mal refuse de se rendre à l’évidence que les criminels répondront un jour de leurs actes, morts ou vivants. Entre celui qui a tué et celui qui demande justice où est le bourreau ? La mémoire de notre indépendance sera aussi longtemps entachée que demeurera l’impunité et le mépris à l’égard du genre humain. Ni l’argent, ni les faux arrangements ne sauraient être érigés en mode de règlement de ce dossier de sang et des larmes. La marche de l’histoire est jalonnée d’événements, dont les plus graves ne seraient être pardonnés que dans la recherche d’une solution consensuelle où seules les victimes ou ayants droits ont le dernier mot. Personne n’est mandaté pour résoudre cette page douloureuse de notre histoire en l’absence de la voix des veuves, des orphelins et des proches des disparus. 60 ans se sont écoulés. Où est cette Mauritanie tant rêvée ? Que de temps perdu, d’aspiration à la justice, à l’égalité déçues ! Que de rendez-vous avec l’histoire foirés par des cliques d’arrivistes, des opportunistes qui vont et reviennent comme des charognards autour de corps cadavériques. Un pays aux potentielles énormes qui, comme une malédiction ne profitent pas à un peuple amnésique toujours prêt à marquer les pas pour quiconque usurpateur qui s’autoproclame champion de l’accaparement de la volonté populaire. Le temps de multiplier les promesses et de bercer le peuple d’illusions. C’est par ce long manège, ce feuilleton de coups fourrés que tout le pays est pris en otage, son génie sacrifié, ses richesses pillées plus que ne la fait le colon auquel on impute notre retard. L’histoire est impitoyable à l’égard de tous ceux qui ont trahi les aspirations du peuple, ceux qui portent sur leurs épaules la lourde responsabilité de toute une nation victime de sa passivité. Chaque anniversaire de l’indépendance consacrera le même rituel sans changer d’un iota les attentes d’une nation orpheline de la mort pitoyable de la mère -patrie …

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