L’alternance politique au sommet hypothéquée

Qui prédira qu’un jour l’opposition ou une certaine majorité ère- nouvelle occupera les rênes de l’exécutif après tant d’années d’accaparement du pouvoir par des militaires reconvertis « vestimentairement » en civil. Depuis la chute de feu Moktar Ould Dadah , les bidasses n’ont pas lâché la crinière de l’étalon de la conquête du palais. Faisant et défaisant les successions à volonté, la démocratie est sous surveillance. Aucun événement majeur n’est encore venu remettre en cause ce système ubuesque imposé par l’armée où de hauts galonnés tiennent en main les bases électorales par procuration octroyée à des marionnettes taillés à leurs dimensions. Une autre méthode de confisquer le pouvoir politique pour décider du destin de la Mauritanie. La règle selon laquelle derrière chaque figure politique de poids se profile l’ombre d’un général semble devenir une maxime « politiquement correcte » dans notre cabaret dirigé par la démocratie « El gowd » « wol’ howl ». De Taya à Ghazouani la rupture n’aura pas trahi la perpétuation des mêmes pratiques où ce sont toujours les mêmes faucons qui vont et qui reviennent sans se lasser d’applaudir, de faire des simagrées et d’encenser sans vergogne les mêmes seigneurs du palais. Face à cette forteresse tenue par les hommes en Kaki qui respirent plus les senteurs douces de la politique que la poussière des manœuvres préventives, le rêve des vieux opposants de provoquer une alternance au sommet ne fera qu’accoucher des cheveux blancs et de la baisse de l’acuité visuelle. Une vieille garde qui refuse de préparer des dauphins pour continuer le long combat historique pour perpétuer ses œuvres. Dans une scène politique en lambeaux, des alliances précaires, des coups fourrés mortels, la démocratie mauritanienne est une pure fabulation où les jeux de cirque deviennent des modes de détournement des consciences. A, chaque élection, les mêmes recettes insipides sont remises à jour. Renouvellement de la CENI, avec sans l’accord des parties prenantes, révision d’un fichier électoral, commande du matériel des urnes le tout à coups de milliards.
Toujours prise de court, l’opposition se disloque dans une course en ordre dispersé au cours duquel la majorité récupère toutes les énergies perdues pour rien et conforte ses positions. Le bourrage des urnes ne sera plus la tasse à thé des adversaires du parti de la majorité car, les scrutins électoraux ne se disputent pas dans notre démocratie à l’aune de la volonté du peuple pour que alternance soit un enjeu majeur pour l’avenir du pays. Mais pour participer et négocier de maigres strapontins pour survivre. L’après élection de 2019 est venu délivrer le message clair selon lequel les prétentions à elles seules ne suffisent pas aux forces dites alternatives de renverser le paradigme d’un système verrouillé d’autant plus les partisans d’un changement de système ne présentent pas à leurs soutiens les stratégies des grandes batailles électorales.
A ceux qui pensent que le changement c’est pour demain doivent prendre leur mal en patience Sauf coup de théâtre !

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