. La SMCP va de mal en pire. Le géant de la commercialisation du poisson est noyé dans les profondeurs d’une crise qui prend chaque jour des proportions dramatiques. C’est comme si l’Etat n’a pas les moyens d’assumer ses responsabilités dans ce qui s’apparente à une volonté délibérée de laisser pourrir une situation, et avec elle des stocks importants qui ne trouvent pas preneurs. 12 mille tonnes de produits congelés déclarées attendent depuis des mois d’hypothétiques acheteurs.
Les cris d’alarme lancés partout dans les médias avec des preuves irréfutables n’ont pas attiré l’attention des instances en charge de régler ce problème qui dépasse le cadre de l’entreprise commerciale des ressources halieutiques. En tout état de cause les responsabilités sont engagées et si aucune solution n’est trouvée, le bateau SMCP va couler, causant ainsi des préjudices énormes pour l’économie nationale. Aujourd’hui cette crise paralyse toute l’industrie du poisson de Nouadhibou et de Nouakchott où les activités tournent au ralenti. Les opérateurs maritimes ne cachent pas leur ras-le-bol, et certains soupçonnent des puissants lobbies qui prennent en otage l’entreprise commerciale plombée par les interminables cafouillages dans l’application des grilles tarifaires tantôt fixées à la hausse, tantôt revues à la baisse sur la même période. Les clients étrangers déroutés par cette instabilité des cotations se contentent de renoncer à acheter des stocks, au risque de tomber dans le filet de l’arnaque. Le 14 janvier 2019 la Commission des Prix s’est réunie pour tenter de trouver une piste de sortie de crise sans succès.
Selon nos informations, la procédure de fixation des prix, appliquée par la Commission depuis plus d’an, est incompatible avec les réalités du marché international. Fixés de manière unilatérale, ils ne reposent sur aucune offre crédible présentée par un client. D’où la réticence affichée par les clients pour l’achat de nos produits. Alors que les prix avaient connu plusieurs améliorations successives, des baisses brusques sont intervenues , et au lieu de laisser le processus suivre son cours normal, de nouvelles hausses «imposées » depuis lors à la Commission par son Président, en l’occurrence le Directeur Général de la SMCP, ont perturbé les choses . il faut souligner que la situation de mévente découle réellement du fait que la Commission fixe les prix sans tenir compte des réalités du marché international, et en dehors de toute négociation avec les principaux clients, conformément à la politique commerciale de la SMCP qui, semble t’il, avait toujours donné des résultats satisfaisants. Les Hautes Autorités sont-elles suffisamment informées sur la situation réelle de la SMCP? La dernière baisse des Prix, n’est elle pas la seule information qui a été enregistrée et retenue par ces mêmes Autorités ? En tout état de cause, le Président de la Commission des Prix, Directeur Général de la SMCP, a failli à ses responsabilité pour n’avoir pas justifié aux Hautes Autorités que les baisses successives décidées, visaient à faciliter la vente du stock entreposé dans les chambres froides , avant le démarrage de la nouvelle saison de pêche L’autre faute , fut de ne pas signaler aux Autorités Supérieures que la Commission s’était rendue compte que les augmentations antérieures n’étaient pas conformes aux réalités du marché, et du coup décourage le retour des clients.
Mesure anachronique
Le 06 novembre 2018, alors que des prix affichés devaient suivre leur cours jusqu’au 30 novembre 2018, un communiqué publié sur le site web de la SMCP invitait les clients à présenter au plus tard le 12 novembre 2018, de nouveaux prix pour l’achat du produit mauritanien. Cet appel aurait fâché plusieurs clients qui venaient d’expédier des quantités importantes de produits qu’ils seraient amenés à vendre à perte, étant donné que d’autres clients devaient bénéficier d’un traitement de faveur, par l’achat de produits sur la base des prix à paraître, et qui seront vendus au même intervalle que ceux achetés par les premiers acquéreurs. Suffisant pour dissuader les clients traditionnels, notamment Japonais, qui ne trouvent plus à travers la SMCP un interlocuteur crédible sur lequel ils peuvent compter.
La SMCP joue et perd
Au final la SMCP a perdu sur tous les fronts la confiance de ses clients. Ayant compris le mauvais jeu et surtout les calculs anachroniques de la SMCP ; certains preneurs qui avaient déjà conclu le marché sur la base des prix fixés par la Commission le 20 septembre 2018, qui étaient en vigueur au moment de l’embarquement, et qui devaient expirer le 18 octobre 2018, ont dû se ressaisir après facturation des produits achetés. Au cours de ce processus, la commission des prix a de nouveau annoncé une nouvelle baisse. Et du coup, les premiers clients qui avaient déjà embarqué leurs produits dont la facturation était en circuit, ont émis des réclamations auprès de la Direction générale de la SMCP, dans l’espoir de «bénéficier» de l’application des nouveaux prix fixés par la Commission, le 19 octobre 2018. C’est ainsi que des instructions auraient été données par le Directeur Général de la SMCP aux services concernés, pour réviser les factures déjà établies qui auraient ainsi été minorées d’un montant global brut supérieur à deux cent mille US dollars.