Revenu après quelques mois passés à l’étranger, l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz a défié les pronostics faisant état de son retrait de la scène politique pour éviter de s’exposer aux révélations persistantes sur sa gestion jugée par une large opinion publique déçue par son mandat deux décennies durant à la tête de l’appareil d’Etat. Ceux qui soutenaient qu’il allait botter en touche se sont vite ravisé que les ambitions politiques de l’ex-président restent encore fermes : « la constitution ne m’interdit pas de me présenter si je le veux » a-t-il toujours déclaré. Le premier épisode de ce contrat après mandat vient d’être déroulé sur la scène politique avec la fameuse réunion tenue du reste avec beaucoup de controverse avec son parti l’union pour la république l’UPR. Une frange des députés de son parti ainsi que ceux issus de sa majorité se sont virevoltés de ce retour dans les affaires du parti qu’ils jugent pernicieuse pour la cohésion de cette formation. La polémique enfle ces derniers jours sur cette réapparition d’un homme qui ne démord pas et qui veut toujours imposer son autorité sur la scène politique nationale. Chose devenue difficile
La crise s’installe …
Désormais l’UPR est confronté à des vives querelles qui entament sa cohésion face à une nouvelle donne créée par le retour de l’ex-président qui avait fondé ce parti mais qui risque d’être isolé par des barons ragaillardis par son départ du pouvoir et par les dossiers lourds dont il est accablé par des rumeurs de mauvaise gestion entament fortement a crédibilité. Dans cette guerre des tranchées deux camps se dégagent : le camp de ceux qui se démarquent d’un ancien patron auquel ils n’entendent plus obéir pour ne pas leur faire ombrage préférant se rapprocher désormais du nouveau maitre des lieux ; et de l’autre côté le camp des frustrés qui restent fidèles à Aziz tant que leurs intérêts ne sont pas pris en compte par Ghazouani qu’ils ont soutenu et dont ils ne voient pas le retour de l’ascenseur. Cette situation aura sans doute des conséquences très néfastes dans la grande maison menacée fortement d’implosion.
Désamorcer la bombe !
Face à cette montée de colère et les enjeux qui commencent à sceller le destin de l’upr , 64 députés du Parti de l’Union Pour la République (UPR) . ont signé une pétition dont l’objectif est de désamorcer la bombe qui couve au sein de cette formation, depuis la réunion de son Comité directeur tenue jeudi soir dernier, en présence de l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz.
La pétition signée par des députés de l’UPR appelle à l’implication des parlementaires dans toute entreprise politique relative au parti.
Ils ont appelé également le bloc parlementaire à organiser une réunion destinée à la discussion de sa position du conclave du Comité directeur du parti précité.

Ghazouani entre le marteau et l’enclume
Entre Aziz et Ghazouani c’est une longue histoire d’amitié qui jusque-là ne souffrait d’aucun nuage. Sans doute ce sont les deux hommes qui ont marqué la scène nationale ces dernières années. Depuis la chute de Taya , les deux généraux ont élargi leur spectre d’influence au sein de l’armée et plus tard quand ils ont devenus des faiseurs de roi , ils ont investi le jeu politique en régnant en maitres sans partage. Aujourd’hui la donne semble changer et de fortes secousses traversent les relations entre les deux castors par camps interposés. Les cercles tribaux, familiaux et les milieux d’affaires ne résistent pas à l’appétit des intérêts et des positionnements politiques. il est clair maintenant que le retour de l’ami Aziz n’ira pas sans perturber la sérénité du pouvoir du nouveau maitre de la situation. Tant que les ambitions politiques de Mohamed Ould Abdel Aziz sur la scène politique continuent à s’exprimer cela va faire monter les tensions au sein d’un spectre politique très versatile et par ricochet souffler sur le toit du parlement et de la maison grise.
La rédaction