Ghazouani / Opposition : pour quel deal politique?


Depuis  l’élection de Mohamed cheikh El Ghazouani  qui occupe  voilà  deux ans le fauteuil présidentiel pour un mandat de cinq ans, la scène politique nationale connaît une atmosphère   de calme plat. Les acteurs des différents camps tant de l’opposition que de la majorité ont mis au placard leurs agendas politiques. Une partie du bloc de l’opposition démocratique s’est alignée sur la ligne programmatique du vainqueur. Si  la bipolarisation  qui  attisait  les dissensions au sein  du landerneau politique n’est plus le  schéma traçant la démarcation entre les acteurs politiques, c’est que les enjeux ont changé  d’orientations. Les calculs sont ailleurs.

Désormais c’est parti pour  un  monolithisme  démocratique voire d’un unilatéralisme des principes  qui vide la scène politique de son contenu .

Cette opposition  qui avait d’ailleurs du mal à imposer sa loi dans le changement des mœurs politiques se retrouve piégée par une offre  nouvelle aux contours flous qui a tout l’air d’un marchandage fatal pour  une  démocratie vissée par des  parodies  d’élections compromettant à chaque fois  toute alternance au sommet.

Comment en est on arrivés là?

Après la décennie noire que l’opposition démocratique a  endurée sous la férule de Mohamed Ould Andel Aziz , le changement de main au palais présidentiel a ouvert de nouvelles perspectives aux acteurs politiques. Les tensions qui polluaient  l’atmosphère des relations entre le pouvoir et l’opposition d’une part et de l’autre , les rivalités malsaines avec la majorité se sont dégonflées comme   ballon de baudruche. Certains leaders politiques piaffent d’impatience pour se rejeter dans les bras du nouvel homme fort du pays. Pendant que les blessés des émeutes postélectorales étaient encore aux urgences. Le nouveau président s’engouffre dans cette vague d’opportunités drainant avec elles  une foule   d’opportunistes   pour domestiquer une opposition laminée par de longues années de répression  d’embastillements permanents .  La  plupart de ses leaders gagnés par l’âge ou  le besoin  financièr   ne se  sont pas fait prier pour marcher sur le perron du palais brun. Depuis son arrivée tous les chefs de partis et personnalités d’envergure ont été reçus par Ghazouani. Les réponses après l’audience sont les mêmes et les sujets abordés invariables. Les plus volubiles étalent leur verbiage. Les autres font profil  bas. Mais les dessous de ces tétées déguisées en  têtes- à -tête sont  fonction des appétits. Et selon la taille de l’invité du soir.

 

Et le deal est engagé

Les prémisses de ce pacte sont palpables au regard des courbettes et des yeux doux dont bénéficie le successeur de Mohamed Ould Abdel Aziz dont les troubles de sommeil ne viennent pas  de ses rivaux politiques  comme il n’en  compte  encore. De ce côté il a les mains libres pour manœuvrer dans un espace sans encombre. Ses consignes passent comme un éclair. Face aux situations périlleuses que vit le pays , les grandes marches de l’opposition contre la flambée des prix, les dénonciations de l’esclavage, du  passif humanitaire, les appels  au  retour des déportés n’étaient  donc que de  sordides  fonds de commerce. Le peuple n’était dans tout ça qu’un dindon de la farce dont on  dispose   lors d’une élection. Force est de constater que les causes  pour  lesquelles les pauvres victimes étaient utilisées comme des moutons d’abattoirs ont bien enrichi les commerces politiques des détaillants comme des grossistes au nom de la maxime bien connue de chez nous « premier venu, premier servi». Les derniers  ratent  toujours  le train.

 

… Non il y a encore   de la place !

Le président Ghazouani   est bien à l’aise, lui  qui a su jouer sur la misère et la  fragilité d’une opposition  ventriloque  peut pousser ses pions comme il veut. De l’argent il est prêt,  des nominations et autres dividendes il a la main facile et en donne à la pelle pour satisfaire  les demandes. C’est pourquoi  tout le bazar politique  trouve  son compte. Le « bibéronage »  devient le système le plus efficace pour faire taire le bruit du ventre et imposer son agenda sans rencontrer la moindre  opposition   de la part  de ceux  qui passaient pour être les champions de la protestation.  Et si l’’opposition parle de dialogue, le mastodonte de la majorité  lui ferme  le  clapet : «  Pas de dialogue  car il n ya  pas une    crise de confiance  entre nous. Juste la concertation ça fait moins de bruit. Maintenant vous n’avez plus rien à dire » !   Veritblement pour dialoguer il faut être deux. Or il n y a plus qu’un grand UN !

CTD

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