A travers une conférence de presse organisée ce samedi 13 octobre à Cotonou, l’ONG Urgences panafricanistes (URPANAF) et son leader Kèmi Seba ont dénoncé l’incarcération de Biram Dah Abeid, homme politique et figure de proue de la lutte contre l’esclavage des Noirs en Mauritanie.

 

Les panafricanistes se mobilisent à travers l’Afrique pour la libération Biram Dah Abeid en Mauritanie. « Cette conférence de presse parce que malheureusement l’heure est grave », c’est ainsi que Kèmi Seba, le leader de l’ONG Urgences panafricanistes (URPANAF) a ouvert dans l’après-midi de ce samedi 13 octobre 2018 à Cotonou au Bénin, une rencontre avec la presse pour annoncer, l’incarcération de Biram Dah Abeid, président d’IRA, mouvement anti-esclavage en Mauritanie.

 

C’est depuis le 07 août que Biram Dah Abeid est arrêté et gardé en prison suite aux accusations d’un journaliste qui s’est plaint de menaces reçues des partisans de l’activiste et homme politique sur qui il a écrit un article qui ne leur a pas trop plus. Accusations rejetées par l’IRA.

 

Selon Kèmi Seba qui rejette également ces accusations, Biram Dah Abeid est victime de sa lutte contre l’esclavage des Noirs qui a toujours cours en Mauritanie. Pour lui, faire des menaces à un journaliste ne ressemble pas au leader de l’Initiative pour la résurgence abolitionniste (IRA). « Biram n’a rien fait de mal. C’est un légaliste maladif, c’est un pacifiste maladif », a défendu Kèmi Seba.

 

Adepte de la non-violence, Biram Dah Abeid a une réputation internationale en tant que tel. Ce qui lui a valu la reconnaissance des Nations unies qui lui ont décerné le prix des droits de l’homme en 2013. « Il est un des plus hommes importants, des plus actifs, des dévoués pour la libération de notre peuple, l’homme politique et activiste, humaniste, panafricaniste Biram Dah Abeid », a dit à son propos Kèmi Seba qui l’appelle aussi « grand frère ».

 

Déjà candidat à la présidentielle où il a recueilli 8% des suffrages et récemment élu député depuis sa prison, Biram Dah Abeid est un homme à abattre pour les autorités mauritaniennes, à en croire Kèmi Seba qui a expliqué que l’anti-esclavagiste mauritanien appartient à la communauté des Haratines, peuple majoritaire du pays réduit à la servitude par les Berbères.

 

La Mauritanie sous pression

 

Ce 13 octobre est en effet déclaré « Journée internationale de solidarité avec Biram Dah Abeid et les Haratines » par l’URPANAF qui a initié des conférences de presse conjointes dans toutes ses représentations en Afrique et au-delà pour aller au secours du leader de l’IRA. Kèmi Seba et son ONG de défense de la cause des Noirs compte passer à l’offensive contre le pouvoir de Nouakchott si la libération de Biram Dah Abeid n’intervient pas rapidement.

 

Entre autres actions prévues pour frapper le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz, l’appel à un boycott des produits mauritaniens. En ligne de mire, le poisson mauritanien qui est très prisé dans plusieurs pays à travers le monde. « Si le député Biram Dah Abeid n’est pas libéré dans les brefs délais, nous allons lancer une campagne de boycott des produits mauritaniens », a prévenu Kèmi Séba à l’adresse des autorités mauritaniennes. URPANAF dont la capacité de mobilisation n’est plus à prouver informe qu’elle a d’autres armes de combats à sortir si l’incarcération perdure.

 

Olivier Ribouis