Coupures d’électricité à Nouakchott : deux incendies, des milliards et des responsabilités à établir
Deux incendies en deux jours dans des postes de transformation de Nouakchott ont provoqué d’importantes coupures de courant et relancé les interrogations sur la fiabilité du réseau et la gestion des investissements publics.
Le premier incendie, survenu le 21 août, a touché un poste de transformation 33/15 kV, perturbant l’alimentation de plusieurs quartiers de Dar Naim, Toujounine et Arafat. Le lendemain, un second sinistre a frappé une station similaire à Nouakchott-Ouest, affectant notamment Tevragh Zeina, le Ksar et Sebkha.
Ces deux incidents interviennent alors que le Programme de développement de Nouakchott II, approuvé en juillet 2026, mobilise une enveloppe globale d’environ 11,59 milliards de MRU, avec un volet consacré au renforcement des infrastructures électriques.
Sur les réseaux sociaux, une autre enveloppe de 11,85 milliards d’anciennes ouguiyas est évoquée pour des projets électriques, ainsi que des interrogations sur la conformité des équipements installés. Ces accusations, notamment celles visant des personnes nommément citées, restent à vérifier.
Les documents attendus
La question centrale est désormais celle de la conformité des équipements. Les cahiers des charges, contrats, factures, rapports de contrôle et procès-verbaux de réception permettraient de vérifier si les installations correspondaient aux spécifications prévues et qui en a autorisé la réception.
La SOMELEC et le ministère de l’Énergie ont annoncé des interventions techniques pour sécuriser les installations et rétablir progressivement l’électricité. Mais les causes précises des deux incendies doivent encore être établies.
Deux incendies en moins de 48 heures, des quartiers entiers privés d’électricité et des investissements de plusieurs milliards : l’enjeu dépasse désormais la simple panne. Il s’agit de déterminer la cause technique, la conformité des équipements et, le cas échéant, les responsabilités.
Une expertise indépendante permettrait de passer des accusations aux faits et de répondre à une question essentielle : comment garantir que les milliards investis dans la modernisation du réseau produisent effectivement un service électrique fiable ?