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Enseignants tunisiens en Mauritanie : et nos compétences nationales ?


L’annonce par l’Agence tunisienne de coopération technique (ATCT) de l’ouverture de candidatures pour le recrutement d’enseignants universitaires tunisiens en architecture et en arts plastiques au profit d’un établissement public mauritanien soulève une question légitime : la Mauritanie exploite-t-elle pleinement ses propres compétences avant de se tourner vers l’extérieur ?
Il ne s’agit nullement de remettre en cause la coopération avec les pays partenaires ni la qualité des enseignants étrangers. La coopération universitaire est souvent nécessaire et peut contribuer à renforcer certaines filières. Cependant, elle gagnerait à s’inscrire dans une stratégie donnant d’abord toute sa place aux ressources humaines nationales.
Ces dernières années, les compétences mauritaniennes ont considérablement progressé, aussi bien en quantité qu’en qualité. Le pays compte aujourd’hui un nombre croissant de diplômés, de chercheurs et d’enseignants hautement qualifiés. Cette évolution est d’ailleurs illustrée par les parcours de nombreux cadres mauritaniens qui exercent ou ont exercé avec succès dans de grandes universités et institutions académiques à travers le monde.
Parallèlement, de nombreux diplômés de l’enseignement supérieur, toutes spécialités confondues, continuent de réclamer leur intégration dans les établissements nationaux. Plusieurs mouvements de protestation organisés au cours de l’année écoulée ont mis en avant la nécessité de recruter plusieurs centaines de diplômés actuellement sans emploi ou en attente de titularisation.
La question n’est donc pas d’opposer compétences nationales et compétences étrangères, mais de définir un ordre de priorité : identifier et valoriser d’abord les compétences mauritaniennes disponibles, puis compléter, lorsque cela est nécessaire, par des expertises extérieures.
Cette démarche serait en parfaite cohérence avec les objectifs de résorption du chômage et de valorisation du capital humain national. Car avant de chercher des compétences ailleurs, il est essentiel de reconnaître les progrès accomplis par les compétences mauritaniennes et de leur offrir les opportunités qu’elles méritent au service du pays.

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