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Rapport de l’IGE : Biram Dah Abeid dénonce un déficit de transparence

Dans une déclaration consacrée au rapport 2024-2025 de l’Inspection générale d’État (IGE), Biram Dah Abeid met en cause la portée du document publié par les autorités. S’il reconnaît l’importance des chiffres avancés, le président de l’IRA estime que le rapport ne permet pas de répondre à la principale question posée par les irrégularités constatées : qui en assume la responsabilité ?

Le rapport fait état de 2,375 milliards d’ouguiyas d’irrégularités financières sur 32,8 milliards d’ouguiyas contrôlés. Pour Biram Dah Abeid, ces montants doivent cependant être replacés dans leur contexte et surtout accompagnés d’informations permettant d’identifier les institutions concernées, les marchés en cause et les suites données aux constatations de l’IGE.

Des contrôles jugés insuffisamment ciblés

La répartition des missions d’inspection constitue l’un des principaux points soulevés dans sa déclaration. Sur 28 missions, une seule aurait porté sur les mines et l’énergie et trois sur le secteur de la pêche. Une situation qui, selon lui, pose question au regard du poids économique et financier de ces secteurs.Biram Dah Abeid estime que l’autonomie dont dispose officiellement l’IGE pour définir son programme de contrôle ne dispense pas l’exécutif de répondre de ses choix politiques. Il plaide ainsi pour une plus grande autonomie de l’institution, tant dans la programmation de ses missions que dans le traitement des irrégularités constatées.La commande publique au centre des préoccupationsLa commande publique apparaît comme l’un des principaux enjeux du rapport. Elle représenterait 60 % de l’impact financier des irrégularités relevées. Or, déplore Biram Dah Abeid, le document reste largement silencieux sur les administrations concernées, les marchés attribués, les entreprises bénéficiaires et les responsables des décisions.Il considère que cette présentation trop générale prive les citoyens de la possibilité de suivre le parcours de l’argent public. Pour lui, la protection des personnes contre des accusations injustifiées ne devrait pas empêcher la transparence sur les institutions, les procédures et les marchés concernés.Des sanctions et des dossiers judiciaires à suivreLe rapport fait état de 34 sanctions administratives, dont 20 cessations de fonction, trois mutations d’office et 11 avertissements. Mais la déclaration relève le manque d’informations sur les circonstances de ces sanctions et leur portée réelle.Même interrogation concernant les quatre dossiers transmis à la justice, dont deux à la Cour des comptes et deux au Parquet. Biram Dah Abeid demande que les autorités rendent compte de leur évolution, estimant qu’une transmission à la justice ne peut constituer l’aboutissement du processus.L’écart entre les irrégularités et les sommes récupéréesAutre point mis en avant : le faible niveau de recouvrement. Sur les 2,375 milliards d’ouguiyas d’impact financier recensé, 45,6 millions seulement auraient été reversés en numéraire au Trésor.Pour Biram Dah Abeid, cet écart justifie la publication régulière d’un état précis des sommes récupérées, des montants restant dus et des procédures engagées pour leur recouvrement.Il demande également un meilleur suivi des recommandations de l’IGE. Sur les 771 recommandations formulées, 231 actions sur 348 planifiées auraient été exécutées, tandis que 351 recommandations resteraient en attente de transmission. L’enjeu, estime-t-il, est désormais de mesurer les changements effectivement obtenus dans la gestion publique.Cinq exigences pour renforcer le contrôleÀ l’issue de sa déclaration, Biram Dah Abeid formule cinq demandes : la publication intégrale des rapports de contrôle ; un suivi public des sanctions et des procédures judiciaires ; la publication régulière des données sur le recouvrement des fonds publics ; la mise en place d’un mécanisme de suivi de la récidive et de l’exécution des recommandations ; enfin, le renforcement de l’autonomie de l’IGE, notamment en lui permettant de saisir directement la Cour des comptes.Au-delà de la polémique sur le contenu du rapport, la déclaration pose donc la question de l’efficacité réelle du contrôle des finances publiques. Pour Biram Dah Abeid, la transparence ne peut se limiter à publier des montants : elle doit permettre de comprendre les faits, d’identifier les responsabilités, de suivre les sanctions et de vérifier la récupération des fonds publics.Son diagnostic tient en une formule : « On nous donne les chiffres, mais on nous cache les responsabilités. »

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